Qui était François Le Vaillant ?

 

François le Vaillant (1753-1824), l’ornithologue qui n’aimait pas l’école ! « Un bon naturaliste, un collectionneur de spécimens… amant de la vérité, bon observateur, animé d’une sorte de génie ou tout au moins d’originalité.» Ajoutons à cela une vigueur et une énergie peu communes, un sens et un amour aigus de la nature et des animaux, des qualités d’ethnologue, des talents innés pour le dessin et la peinture, de l’élégance et une infinie séduction, et l’on aura un aperçu de François le Vaillant, célèbre voyageur et auteur, pendant les années tourmentées de la Révolution française, de véritables best-sellers sur l’Afrique du Sud, ses hommes et ses oiseaux. Celui qui repose à présent en Champagne naquit en 1753 en Guyane hollandaise, d’un père alsacien Consul de France à Paramaribo et de sa femme, soeur de lait de Louis XIV. Une histoire de famille assez mouvementée puisque Nicolas François Vaillant enleva

son épouse dans un couvent et que le jeune couple s’enfuit en Amérique du Sud après un mariage précipité. Le Vaillant passa donc ses dix premières années en Guyane, où il prit goût aux voyages, à l’ethnologie et à l’ornithologie et, avant la trentaine, il avait décidé d’explorer des terres encore peu connues afin d’en ramener des spécimens, contribuant ainsi à l’avancée de la science – et de sa propre réputation. « Ni les liens de l’amour, ni ceux de l’amitié ne furent capables de m’ébranler » : le voici donc parti, fin 1780, loin de sa première épouse vers l’Afrique et ce Cap de Bonne Espérance dont il fréquente sous peu les personnages les plus importants, Hollandais…et Français, puisque le séjour de la flotte de l’amiral de Suffren avait alors transformé la ville en un « petit Paris ».

Foin des mondanités ! Entre 1781 et 1784, le jeune homme se lance dans deux impressionnantes expéditions, l’une à l’est, l’autre au nord de la Province du Cap, avant de repartir pour Amsterdam puis pour la France avec plusieurs milliers de spécimens. Une partie de ses collections vendue, notre explorateur, ayant  entre temps fait précéder un patronyme par trop simple d’un plus imposant « le », se consacra à l’œuvre qui allait le rendre célèbre à travers l’Europe. Le succès phénoménal de ses deux récits de « Voyage à l’intérieur de l’Afrique par le Cap de Bonne Espérance » (parus en 1790 et en 1794) leur valut d’être traduits en rien moins que sept langues ! Non point qu’il en négligeât les affaires de cœur puisque, son premier mariage dissous, il prit femme par deux fois encore et engendra dix enfants. Cet admirateur inconditionnel de Rousseau –il nomma l’un de ses fils Jean Jacques Rousseau et trois de ses filles s’appelèrent Julie- fut cependant happé par les tumultes de la Révolution, qui le virent emprisonné pendant la Terreur et providentiellement libéré à la chute de Robespierre. Installé en Champagne, il entreprit ensuite la minutieuse préparation des six volumes de son Histoire naturelle des oiseaux d’Afrique dont les splendides aquarelles demeurent parmi les ouvrages de références des ornithologues du monde entier..